Page:Régnier - Escales en Méditerranée.djvu/61

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tabile qui, froidement, lui dit : « Recommence » et comme le malheureux demandait grâce : « Recommence, lui répondit le brigand, de quoi te plains-tu ? Je te donne une nouvelle chance. »




Nous voici en mer de nouveau. Nous ne ferons qu’apercevoir Amalfi et Salerne, mais la vedette nous débarquera à Pestum. Notre dernière journée de Sorrente, nous l’avons passée dans un bois d’orangers, un bois « loué » pour quelques lires avec le droit d’y cueillir ce que nous voudrions. Sous l’épais et métallique feuillage des orangers l’ombre odorante et chaude s’éclairait des lumineux fruits d’or qui semblaient, dans le silence du lieu, célébrer la fête apollonienne de quelque dieu invisible.




Je commence à connaître quelques figures de l’équipage, figures honnêtes, rudes ou fines, de Bretons ou de Provençaux. J’aime les voir passer sur le pont, agiles et silencieux, bien « à leur affaire », qu’ils exécutent une manœuvre ou se livrent à quelque nettoyage. Le