Page:Régnier - Escales en Méditerranée.djvu/64

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revoir Pestum par le plus beau jour d’un bel été…




Le yacht a stoppé et l’on arme le canot. Nous sommes à quelques centaines de mètres de la côte qui, là, est basse. La vaste plaine marécageuse et plate s’étend doucement jusqu’à la mer. Nous sommes juste en face des temples. En pleine lumière, ils se détachent sur la ligne des montagnes qui ferment l’horizon. L’impression qu’ils donnent est fort différente de celle que l’on en reçoit en les approchant par terre. Ils ne causent pas la même surprise que quand on se trouve soudain devant eux comme s’ils venaient de surgir, du fait de quelques magiques incantations. Vus de loin ils ont leur place dans le paysage. Ils nous y attendent. Ils nous y appellent. Allons vers eux. Les avirons frappent l’eau calme et si peu profonde que le canot ne peut atteindre le rivage. Nous en sommes à petite distance sans qu’il soit possible d’aborder. Heureusement les matelots nous éviteront le bain de pied en perspective. Haut troussés, jambes nues, ils nous prennent sur leurs épaules robustes et nous déposent sur la plage. Elle est de gros sable et monte en pente douce,