Page:Répertoire national ou Recueil de littérature canadienne, compilé par J Huston, vol 1, 1848.djvu/85

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LE RÉPERTOIRE NATIONAL.

hommes plus propres à intéresser dans les différens cercles où la société les rassemble, et où les connaissances agréables et littéraires décident l’opinion du bon sens sur le mérite de ceux qui briguent ses faveurs ; et il sera alors évident que l’étude du passé nous est recommandée par une foule d’avantages incomparables. Celle du présent n’est pas moins utile. C’est par elle que l’on apprend ce qui se passe dans les différentes parties du globe : par elle on connaît les divers gouvernemens qui existent, l’étendue et la nature de leurs territoires, leurs revenus, leur commerce, les intérêts réciproques des nations, les passions de ceux qui les gouvernent, les guerres qu’ils entreprennent. En un mot, elle fait l’office d’un tableau où l’on verrait représenter et agir tous les habitants de la terre. La multiplicité de leurs opinions et de leurs intérêts, la différence de leur éducation, qui rend les hommes si dissemblables, tout cela et plusieurs autres causes contribueraient à former une espèce de chaos politique, dont chaque spectateur jugerait différemment. Chacun s’efforcerait de pénétrer les motifs qui font agir telles ou telles nations de telle ou telle manière ; tous ou presque tous donneraient leur opinion sur l’issue de ces diverses entreprises, et il en résulterait proprement ce qu’on appelle la politique. Si on l’unit à l’histoire du passé, nous aurons la véritable base de ce que nous appelons l’histoire de l’avenir. Car la première en nous apprenant ce qu’ont été les hommes, la seconde ce qu’ils sont, nous permettent de prévoir ce qu’ils seront dans la suite. Tels sont les principaux avantages qui résultent de l’étude de l’histoire en général, et lui servent de recommandation. Il y en a d’autres qui doivent nous faire aimer plus particulièrement celle de notre pays. Nous allons dire les principaux.

Le premier est le plaisir qu’on éprouve à lire le récit de ce qui s’est passé ou se passe dans le pays que l’on habite et où l’on a pris naissance. Quel vif intérêt n’excite pas en nous le détail des évènements où nos ancêtres jouaient le