Page:Réveillaud - Histoire du Canada et des canadiens français, de la découverte jusqu'à nos jours, 1884.djvu/130

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achevé et lancé, c’est le nom qu’il donna à ce second vaisseau, — « voulant, disait-il, faire voler le griffon par-dessus les corbeaux », par allusion aux ennemis de ses projets, — il remonta le lac Érié, reconnut le « Détroit » et le lac Sainte-Claire, traversa le lac Huron et arriva à Michilimackinac, après avoir essuyé une grosse tempête. Continuant ensuite sa route par le lac Michigan, il jeta l’ancre dans la baie des Puans, à l’ouest du lac Michigan, renvoya le Griffon, qui malheureusement se perdit dans ce retour, et s’avança dans l’intérieur des terres sans sortir de la vallée du lac Michigan. Trois petits forts construits, l’un à la baie des Puans, l’autre à Saint-Joseph, au sud-est du lac, le troisième à « Crèvecœur », sur la rivière des Illinois, marquèrent la prise de possession du pays par les français. La Salle avait recherché et obtenu l’alliance de la tribu des Illinois qui occupait cette contrée. Mais les Iroquois, excités, dit-on, par les Anglais, qui s’inquiétaient de ces découvertes, attaquèrent et vainquirent nos nouveaux alliés. Le découragement s’étant mis ensuite parmi les gens de son escorte, plusieurs conspirèrent contre sa vie ; d’autres l’abandonnèrent et s’enfoncèrent dans les forêts. La Salle, qui avait vainement attendu le retour de son Griffon, fut forcé de revenir à pied à Cataracoui, pour faire acheminer les objets nécessaires au gréement d’une nouvelle barque mise sur les chantiers à Crèvecœur pour la descente du Mississipi. Quelques hommes, entre autres le P. Hennepin, qui a laissé une relation de ces excursions, furent laissés seulement pour la garde de « Crèvecœur », ainsi nommé à cause des cruels contretemps que l’expédition avait endurés à cet endroit. La