Page:Réveillaud - Histoire du Canada et des canadiens français, de la découverte jusqu'à nos jours, 1884.djvu/173

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tants, moins préoccupés de cultiver le sol que de rechercher des mines d’or imaginaires, secondaient fort peu les efforts des gouvernements pour tirer parti des véritables ressources du pays.

« Une colonie fondée sur de si mauvaises bases, dit Raynal, ne pouvait prospérer. La mort de d’Iberville (survenue en 1706) acheva d’éteindre le peu d’espoir qui restait aux plus crédules. On voyait la France trop occupée d’une guerre malheureuse pour en pouvoir attendre des secours. Les habitants se croyaient à la veille d’un abandon total, et ceux qui se flattaient de trouver ailleurs un asile s’empressaient de l’aller chercher. Il ne restait que vingt-huit familles, plus misérables les unes que les autres, lorsqu’on vit avec surprise le financier Crozat demander, en 1712, et obtenir, pour seize ans, le commerce exclusif de la Louisiane. »

La même incurie et la même stérilité colonisatrice se faisaient sentir en Acadie, donnant trop à prévoir le sort qui allait fondre sur cette malheureuse colonie. De 1686 à 1701, c’est à peine si elle reçut de France une trentaine d’immigrants de tout sexe et de tout âge. La garnison y dépassa rarement deux cents soldats, mais le plus souvent, elle ne s’élevait pas même à cent hommes. Le recensement de 1701 accuse une population de 1,153 âmes pour les trois établissements de Port-Royal, Les Mines et Beaubassin. En y ajoutant un certain nombre de familles réparties dans les établissements suivants : Pentagoët, Chipody, Passamacadie, La Hève, Pobomcoup, Miramichy, Chédabouctou, etc. on atteint un total d’environ 1,450 habitants[1].

  1. Rameau. Une colonie féodale.