Page:Réveillaud - Histoire du Canada et des canadiens français, de la découverte jusqu'à nos jours, 1884.djvu/181

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


mée et quitta la rade de Port-Royal le 17 juin 1707. Il avait perdu dans ces rencontres 80 morts et beaucoup de blessés[1].

La nouvelle de cette retraite excita chez les Anglo-Américains une émotion voisine de la fureur. Le colonel Wainwright remplaça March à la tête des troupes et reçut l’ordre de s’emparer, coûte que coûte, de Port-Royal. Mais cet effort ne fut pas plus heureux que le précédent. M. de Subercase, prévenu à temps, avait pu rassembler tous ses auxiliaires et quoique toutes ses troupes, en comptant l’équipage d’une frégate royale nouvellement entrée dans le port, ne dussent pas dépasser cinq cents hommes, en face d’un ennemi qui en comptait deux mille, cette petite troupe manœuvra avec tant d’ensemble et de hardiesse qu’elle repoussa toutes les attaques des Anglais. Dans les divers combats d’une seule journée, les Anglais perdirent, au témoignage de Diéreville, « plus de six vingts hommes ». Ayant perdu l’espoir de prendre la place de vive force, ils se décidèrent à se rembarquer et, le 4 septembre, levant les ancres, ils remirent la voile sur Boston où la nouvelle de ce troisième échec augmenta l’exaspération populaire et le ressentiment contre les chefs de l’expédition qu’on parlait hautement de fusiller. (1707).

L’année d’après, les Français prirent à leur tour l’offensive contre les établissements anglais de Terre-Neuve. Le principal de ces établissements, Saint-Jean, retombé au pouvoir des Anglais depuis l’expédition d’Iberville, était protégé par trois forts munis de cinquante canons et défendu par 80 soldats et 800 miliciens. M. de Saint--

  1. Garneau. — Rameau.