Page:Réveillaud - Histoire du Canada et des canadiens français, de la découverte jusqu'à nos jours, 1884.djvu/183

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lonel Vetch, l’un des principaux citoyens de Boston et Francis Nicholson, gouverneur de la Virginie, furent successivement députés à Londres où ils pressèrent l’envoi de renforts considérables destinés à réduire l’Acadie et le Canada.

L’Angleterre se rendit aux désirs de ses colonies et envoya à Boston (juillet 1710) une escadre avec un régiment d’infanterie de marine, des officiers, des munitions de toute sorte, et les fonds nécessaires pour lever et organiser dans la contrée même quatre régiments[1]. Les diverses colonies de la Nouvelle-Angleterre levèrent partout leurs milices pour prendre part à cette nouvelle campagne, dont l’Acadie fut encore le premier objectif.

Il se trouva précisément qu’à cet instant critique les corsaires français, si nombreux les années précédentes, avaient tous quitté l’Acadie, chassés par une épidémie ; non-seulement on perdait avec eux des auxiliaires efficaces, mais aussi les ravitaillements de toute nature que leurs croisières faisaient affluer à Port-Royal où les approvisionnements étaient si insuffisants. La garnison se composait de quatre compagnies de marine qui comptaient à peine 160 hommes. Subercase fit bien un appel à Saint-Castin, aux autres capitaines de sauvages et aux Indiens ; mais ces derniers étaient dégoûtés par la parcimonie et la négligence du gouvernement français. On ne leur faisait plus de présents, pas même les distributions normales de munitions de guerre ; ils se sentaient en outre découragés en comparant le petit nombre et le dénûment des

  1. Beamish. — Rameau.