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HISTOIRE DU CANADA

chrétiens[1] », le grand banc « des Moluques » et l’île de « Terre Neufve ». Pour le dire ici, ce nom de Terres-Neuves désigna indistinctement toutes les terres de l’Amérique septentrionale avant de devenir le nom propre de la grande île qui masque l’immense estuaire du Saint-Laurent.

En 1523, le roi François Ier, que stimulait le bruit des riches découvertes faites par les Espagnols dans le Nouveau-Monde, donna commission à un navigateur florentin qu’il avait pris à son service, Verazzani, d’explorer les côtes de l’Amérique, en remontant du Sud au Nord pour examiner si le sol et le climat étaient favorables à des établissements. Verazzani longea les côtes depuis la Floride jusqu’à la hauteur du Cap Breton, « sous le cinquantième degré de latitude », et revint en France où le roi fut si content de son rapport qu’il le chargea d’une nouvelle expédition. Malheureusement, Verazzani mourut, au cours de ce voyage, et cette circonstance, jointe à la guerre qui s’alluma à ce moment entre la France et l’Espagne, détourna pour un temps François Ier de ses visées sur l’Amérique.

Il y revint, après la conclusion de la paix de Cambrai.

  1. Voyages de Champlain et document manuscrit des Archives de la Marine. Il est même probable que les côtes de Terre-Neuve étaient déjà connues, avant les découvertes de Colomb, par les marins bretons et basques qui se livraient dans ces parages à la pêche de la morue. D’après les annales de Dieppe, un Dieppois, le capitaine Cousin, aurait, dès 1488, découvert le continent américain, mais les armateurs de Dieppe auraient caché cette découverte.

    Quelques auteurs ont prétendu que, l’an 1497, Jean Cabot et Sébastien Cabot, son second fils, marins vénitiens à la solde de l’Angleterre, auraient touché aux côtes du Canada et pénétré dans le fleuve Saint-Laurent ; mais l’assertion est très contestée.