Page:Réveillaud - Histoire du Canada et des canadiens français, de la découverte jusqu'à nos jours, 1884.djvu/266

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que ce gouvernement indigne payait le dévouement de ces braves « qui avoient tout sacrifié, disait d’eux M. de Lévis, pour la conservation du Canada. » Ce désastre, joint à tout ce que la colonie avait souffert déjà, n’était-il pas fait pour desserrer le lien qui rattachait les Canadiens à la France et pour leur faire supporter plus patiemment le nouvel ordre de choses qu’allait consacrer le traité de Paris ?

Ce traité, signé le 10 février 1763, vint mettre le sceau de la consommation aux malheurs que la guerre de Sept-Ans avait déchaînés sur la France, et particulièrement sur ses colonies. En même temps qu’elle cédait les Indes (sauf Pondichéry et quelques comptoirs) et plusieurs Antilles à l’Angleterre, elle abandonnait à la même puissance cette Nouvelle-France où, depuis plus de deux siècles, son drapeau avait été

    ou de papier. (Sur cette monnaie de carte, voir un art. de M. Lareau dans la Revue de Montréal, année 1878). En 1717, par arrêt du conseil royal, le cours de ces billets fut réduit à la moitié de leur valeur nominale ; le gouvernement de la régence acquitta ces billets ainsi réduits en promettant de les retirer de la circulation et de les remplacer par de la monnaie d’or et d’argent. En fait, on se contenta de faire frapper, en 1821, des monnaies de cuivre à la marque : Colonies françaises, dont personne ne voulut pour les échanges, et la « monnaie de carte » revint en circulation : « L’argent de ce pays est différent de celui de France et craint extrêmement l’eau et le feu, écrivait en 1734, l’abbé J. Navières : ce sont des cartes de différentes grandeurs sur lesquelles sont les armoiries de France, les noms du gouverneur, de l’intendant et du contrôleur. Toutes les affaires se font avec cet argent de papier. » À la conquête quatre millions et demi de livres sterling étaient encore entre les mains des habitants, et c’est ce papier que le Trésor refusait alors de rembourser. À la paix pourtant, le gouvernement français consentit à payer aux Canadiens trois millions en contrats et six cent mille louis en argent. (Sulte. — Ferland.)