Page:Réveillaud - Histoire du Canada et des canadiens français, de la découverte jusqu'à nos jours, 1884.djvu/278

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leures à l’époque de la cession que la plupart des chemins de la Grande-Bretagne[1]. » Il y avait eu sous les Français des chantiers de constructions navales à Québec, où on lança même un vaisseau de ligne de soixante-quatorze canons. Les Canadiens-Français avaient la réputation d’être des marins braves et intelligents : tous les auteurs s’accordent sur ce point. La « Nouvelle-France » avait donné à la monarchie d’Iberville, cet autre Jean Bart, et Sérigny, qui devint gouverneur de Rochefort, tous les deux appartenant à cette famille des Le Moine, que Guérin, historien de la marine française, appelle la plus illustre de toutes les familles coloniales. La maison de Vaudreuil fournit deux lieutenants généraux des armées navales et un chef d’escadre. On peut citer encore, dans cette liste glorieuse, les Denis de Saint-Simon, les Villeray, le vice-amiral Martin, le contre-amiral Bedout, les capitaines de vaisseau Michel Peloquin et André de l’Échelle, qui figurèrent avec honneur dans les guerres maritimes de la France sous la première République et sous le premier Empire. Bedout n’était encore que capitaine, quand son courage lui valut d’un Anglais, de Fox, cet éclatant hommage en pleine Chambre des communes : « Le capitaine du Tigre combattant pour l’honneur de sa patrie, a rivalisé en mépris de la mort avec les héros de la Grèce et de Rome. Il a été fait prisonnier, mais quand il était déjà couvert de blessures et de gloire[2]. »

Bien qu’il fût soumis à toutes les restrictions que comportaient les mœurs internationales du temps, le

  1. Isidore Lebrun : Tableau des Deux Canadas.
  2. Bibaud fils. Tableau historique des progrès du Canada, p. 7. Voir aussi Garneau, T. II, p. 376.