Page:Réveillaud - Histoire du Canada et des canadiens français, de la découverte jusqu'à nos jours, 1884.djvu/289

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gratis à la Guyanne, et ils ont, en attendant, la subsistance durant le temps qu’ils séjournent dans le port. Il leur est payé en outre, avant l’embarquement, une somme de 50 livres par famille composée du père, de la mère et d’un enfant, et 10 livres par chaque tête d’enfant, s’il s’en trouve davantage dans la famille, afin de les mettre en état de se pourvoir des hardes les plus nécessaires pour leur traversée pendant laquelle ils sont nourris gratis[1]. »


Alléchés par ces promesses et par les mirifiques descriptions qu’on leur faisait des richesses de la Guyane, de la beauté du sol, de la vigueur de la végétation, il n’est pas étonnant si beaucoup de paysans et petits fermiers de la vallée du Bas-Rhin, beaucoup de pères de famille chargés d’enfants se décidèrent à émigrer. Les rues de Saint-Jean-d’Angély et de Rochefort où le rendez-vous avait été donné furent pleines pendant plusieurs mois de ces troupes d’émigrants arrivant par caravanes du fond de nos provinces de langue allemande. Le premier convoi partit pour Cayenne ou plutôt pour les bords du Kourou où devait s’établir la nouvelle colonie, à la date du 14 novembre 1763 ; il se composait de 11 bâtiments, portant ensemble 1,429 colons. D’autres convois suivirent bientôt avec d’autres émigrants par centaines ; mais déjà les premiers avaient eu les plus grandes peines du monde à se caser au camp du Kourou où rien n’était prêt pour les recevoir. On déversa les arrivants dans les îles du Diable

  1. Archives de la Marine. Ce document manuscrit, que nous avons consulté, est revêtu du visa ministériel et porte, en outre, la mention à la main : À Paris, de l’imprimerie de M.D.R. Pour être le tout traduit en allemand.