Page:Réveillaud - Histoire du Canada et des canadiens français, de la découverte jusqu'à nos jours, 1884.djvu/344

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s’était mise en mouvement pour opérer sa jonction avec un autre corps d’armée que commandait le général Wilkinson. Salaberry qui n’avait que 300 hommes sous la main, entreprit avec ce faible détachement de retarder sa marche. Il remonta la rive gauche du Châteauguay, et se retrancha dans une excellente position, à deux lieues environ au-dessous du confluent de la Rivière-des-Anglais. La gauche de sa petite armée était appuyée à la rivière ; la droite et le front étaient couverts par des abattis d’arbres. Le 26 octobre, Hampton porta en avant une forte colonne d’infanterie, et la bataille s’engagea vers les deux heures de l’après-midi. Les Canadiens, protégés par les abattis, accueillirent les troupes américaines avec un feu très-vif sur toute la ligne. Hampton eut beau concentrer ses forces et attaquer tantôt une aile, tantôt l’autre, toutes les tentatives furent inutiles. Le détachement du commodore américain Purdy qui s’était porté sur la rive droite du fleuve pour prendre la position à dos, arriva au moment où Hampton qui croyait avoir affaire à des forces considérables, battait en retraite. C’était un nouveau combat à engager, mais Salaberry, n’ayant plus rien à craindre du côté de Hampton, s’y offrit bravement avec ses Canadiens. Il prit les troupes de Purdy en flanc et les mit en pleine déroute. Dans l’espace de quatre heures, trois cents braves avaient remporté une brillante victoire sur une armée de 7,000 hommes[1].

L’affaire de Châteauguay, sans être bien sanglante, eut toutes les suites d’une grande victoire, en déterminant la retraite d’une armée nombreuse, et en faisant

  1. Garneau. — Laverdière.