Page:Réveillaud - Histoire du Canada et des canadiens français, de la découverte jusqu'à nos jours, 1884.djvu/358

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garchie anglaise, qui, depuis la conquête, dominait en maitresse au Canada. Les commissaires recommandaient d’employer les deniers publics sans l’autorisation de la Chambre ; de mettre en accusation les députés opposants, comme coupables de violation du serment qu’ils avaient prêté. Ils suggéraient encore de modifier la Constitution, en faisant une nouvelle loi électorale, de manière à augmenter la représentation anglaise, en exigeant de l’électeur français un cens double de celui de l’électeur anglais. Ils exprimaient aussi l’avis que le Conseil législatif ne devait pas être électif, et que les Ministres ne devaient pas être responsables devant les Chambres[1]. La Chambre des communes et la Chambre des Lords adoptèrent ces conclusions à une forte majorité.


On imagine sans peine l’émoi et l’irritation que ce rapport et ce vote causèrent sur les deux rives du Saint-Laurent. Des meetings, où accouraient des foules nombreuses, se tinrent à Saint-Ours, à Saint-Laurent, à Québec, à Sainte-Scholastique et dans la plupart des comtés du Bas-Canada[2]. On y dénonçait, en termes violents, la rupture du lien d’obéissance de la colonie à sa métropole ; on faisait publiquement appel aux sympathies et au concours du peuple américain pour secouer le joug de l’Angleterre ; on s’engageait à ne plus

  1. L. N. Carrier. Les évènements de 1837-1838, p. 34.
  2. Il paraît qu’à l’Assemblée tenue à La Prairie, qui eut lieu vers le 15 septembre, assistaient M. de Pontoy, ambassadeur de France aux États-Unis, et M. de Saligny, attaché d’ambassade, venus là par ordre du gouvernement français, pour se renseigner sur les causes et sur les chances du soulèvement.