Page:Réveillaud - Histoire du Canada et des canadiens français, de la découverte jusqu'à nos jours, 1884.djvu/369

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haie de soldats. Il s’empara sans façon des bâtiments du Parlement pour y loger sa maison ; quant au Parlement lui-même, il le remplaça par un conseil de sept personnes, composé de gens de sa suite et dont quelques-uns avaient été condamnés autrefois, pour des faits peu moraux : des sept membres qui composaient ce conseil, un seul était originaire du Canada.

Les prisons étaient encombrées partout de détenus politiques, des mandats d’arrêt avaient été lancés contre une quantité de fugitifs et ce n’était pas l’un des moindres embarras de la situation de savoir que faire de cette foule de prisonniers et de contumaces. Lord Durham imagina de proclamer une amnistie, mesure qui fut accueillie avec allégresse dans tout le Canada, mais il excepta de cette amnistie huit des prisonniers les plus compromis, dont il ordonna, de son chef, la déportation aux Bermudes ; en même temps qu’il prononçait la peine du bannissement contre quatorze contumaces, qui avaient cherché un refuge aux États-Unis et parmi lesquels se trouvait Papineau.

Celle façon cavalière de se substituer aux juges, et en même temps d’user du droit régalien de grâce ou d’amnistie fut fort mal prise en Angleterre et le Parlement de Londres infligea un désaveu au gouverneur du Canada. Lord Durham donna aussitôt sa démission et repartit pour l’Angleterre (le 13 novembre 1838) laissant le gouvernement aux mains de sir John Colborne.


La nouvelle prise d’armes de l’insurrection coïncida avec ce départ. Déjà au commencement de mars une troupe de quelques centaines d’insurgés, partis de l’État