Page:Réveillaud - Histoire du Canada et des canadiens français, de la découverte jusqu'à nos jours, 1884.djvu/391

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triomphe du parti libéral ou réformiste, dans toute l’étendue de l’Union. Dans le Bas-Canada c’est à peine si le ministère conservateur put faire élire élire cinq ou six de ses candidats ; dans le Haut-Canada, l’opposition porta aux affaires vingt-six députés contre seize élus seulement partisans de la politique ministérielle.

À la rentrée du nouveau Parlement, le candidat des libéraux pour la présidence de la Chambre, M. Morin, réunit cinquante-quatre voix contre dix-neuf données à sir Allan, candidat des conservateurs, et la même proportion se retrouva dans le vote qui mit fin aux jours de l’ancien cabinet. Lord Elgin fit appeler les chefs du parti libéral, MM. Lafontaine et Baldwin, et les chargea de constituer la nouvelle administration. Les libéraux recueillaient les fruits de leur sagesse et de leur persévérance à réclamer l’application des principes du self-government. À partir de ce moment, on peut dit que le Canada fut vraiment l’arbitre de ses propres destinées.

Parmi les premières mesures dues à l’initiative du nouveau ministère, il faut noter les efforts faits pour ouvrir à la colonisation les cantons de l’Est, les rives du Saguenay et du lac Saint-Jean et pour diriger sur ces points, non-seulement le courant de l’immigration venue de l’étranger, mais le trop plein de la population canadienne-française elle-même, qui dès lors, paraissait vouloir se porter de préférence vers les États-Unis.

Un fait considérable aussi pour l’avenir commercial du Canada fut l’abrogation, par le Parlement anglais (1849), de l’acte de navigation dont les disposi-