Page:Réveillaud - Histoire du Canada et des canadiens français, de la découverte jusqu'à nos jours, 1884.djvu/405

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race conquise et inférieure et demandaient tous les jours qu’on écrasât et qu’on étouffât (crush and overwhelm) l’influence et le sentiment français. De là aussi la faiblesse et la paralysie du parti libéral, toujours sûr de perdre, du côté du Canada-Français, ce qu’il pouvait gagner, par ses appels aux passions nationales, du côté du Haut-Canada. Les conservateurs, profitant de ces fautes de leurs adversaires et des divisions qu’elles vont introduire dans leurs rangs, garderont le pouvoir et se maintiendront aux affaires, sauf deux courtes interruptions, l’une de dix jours (ministère Brown-Dorion, 1858), l’autre de deux ans (ministère Mac Donald-Sicotte et Mac Donald-Dorion, 1862 à 1864) jusqu’à la constitution de la Confédération canadienne (1867) et même au delà jusqu’en 1873.


L’une des premières mesures du nouveau ministère fut l’organisation d’une milice canadienne pour remplacer les troupes anglaises que le gouvernement de Londres annonçait l’intention de retirer, au moins pour une bonne partie.

L’Angleterre inaugurait le système qu’elle a depuis appliqué en Australie et au sud de l’Afrique, de laisser ses colonies, devenues de plus en plus indépendantes de la métropole, pourvoir elles-mêmes à leur défense militaire[1]. Conservateurs et libéraux, tant dans le Haut que dans le Bas-Canada, se trouvaient d’accord pour accepter l’idée du retrait des troupes britanniques ; mais les divergences commençaient à ce point que les conservateurs voulaient établir sur un large pied la nouvelle milice provinciale, tandis que les libéraux

  1. Les dernières troupes anglaises évacuèrent le Canada en 1871.