Page:Réveillaud - Histoire du Canada et des canadiens français, de la découverte jusqu'à nos jours, 1884.djvu/410

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normale Laval, les deux autres à Montréal, l’École normale Jacques Cartier et l’École normale Mac Gill, cette dernière réservée aux protestants, tandis que les deux autres devaient former des instituteurs catholiques. La fondation, sous les auspices de l’épiscopat catholique, de l’Université Laval à Québec fit aussi époque dans l’histoire de la province, et il n’est pas douteux que l’enseignement de cette Université, les cours de ses professeurs et l’affluence des élèves qui se pressèrent sur ses bancs, furent pour beaucoup dans le relèvement, de plus en plus évident depuis lors, de la culture intellectuelle et des lettres françaises parmi la population de notre race et de notre langue.

Malgré les vieux conflits entre partisans des écoles mixtes ou laïques et partisans des écoles confessionnelles ou religieuses, conflits que les questions d’écoles ne manquaient jamais de renouveler, un même zèle pour la cause de l’instruction populaire servait de trait d’union entre libéraux et conservateurs, entre protestants et catholiques, et les diversités de vues, les luttes de tendances avaient elles-mêmes ce bon effet de provoquer une émulation féconde et profitable pour tout le pays.


Mais voici venir deux brandons de discorde qui ne s’apaiseront pas aussi aisément et qui ne prendront fin qu’avec la dissolution de l’Acte d’Union et la refonte complète de la Constitution du Canada.

Tout d’abord la question de la Capitale. Nous avons vu que cette question s’était déjà posée deux fois, depuis la constitution de l’Union et qu’elle avait été tranchée, depuis les troubles de Montréal, par une