Page:Réveillaud - Histoire du Canada et des canadiens français, de la découverte jusqu'à nos jours, 1884.djvu/443

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Joignez-y par la pensée les perles du givre, cette pluie qui se cristallise en tombant et qui transforme les arbres des forêts en stalactites de cristal étincelant de toutes les couleurs du prisme. Pensez enfin aux divertissements de la chasse, aux courses en traîneaux sur ces chemins unis et moelleux que fait la neige, aux bonnes réunions autour de l’âtre, égayées par les longues causeries ou par des chansons dont plusieurs ont été rapportées des « vieux pays » par les ancêtres[1], et vous conviendrez que les « compensations » ne manquent pas aux Canadiens pour confirmer, en ce qui les concerne, l’ingénieux système d’Azaïs. C’est qu’en effet la Providence a mis partout des joies à côté des peines et des labeurs ; et d’ailleurs qui ne sait que le bonheur ne dépend nulle part des conditions extérieures et physiques ? Le plus riant des pays, la plus riche des cités peut être un enfer pour ses habitants si les passions humaines y sont déchaînées sans frein ni mesure ; tandis que le plus ingrat des sols, sous le climat le plus rigoureux, peut être un Eden, si on y a l’âme en paix et le cœur pur.

Le sol du Canada est riche en métaux de toute sorte. Des mines de fer ont été découvertes sur plusieurs points de la province de Québec et y alimentent nom-

  1. La vieille romance rustique qu’on chante encore dans mainte province de la France :

         En revenant des noces.
         J’étais bien fatigué ;
         À la claire fontaine
         J’allai me reposer :
         Sur les branches d’un chêne
         Le rossignol chantait…

    s’est perpétuée au Canada où elle est devenue une sorte d’air national.