Page:Réveillaud - Histoire du Canada et des canadiens français, de la découverte jusqu'à nos jours, 1884.djvu/475

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table partie, pour plus d’un tiers, formée par l’élément anglo-saxon, surtout si nous rangeons dans cet élément les Irlandais qui, là comme partout, sont généralement misérables et habitent le quartier le plus sordide[1].

L’ouest de la ville est habité par les Anglais, l’est par les Français. Les deux populations, quoique vivant depuis plusieurs années en bonne intelligence, ne se mêlent guère. C’est surtout, comme nous l’avons dit, et nous en avons indiqué la cause, entre les mains des Anglo-Saxons, Anglais ou Écossais, que se trouvent le haut commerce, la banque et l’industrie de la ville.

Il convient pourtant de reconnaître que des institutions de crédit et des maisons de commerce d’une certaine importance, s’y sont fondées dans ces derniers temps sous la direction de Canadiens-Français et avec le concours de capitaux français.

Montréal est vraiment une belle ville, la reine de toutes les cités canadiennes, bien construite sur des rues larges, alignées et propres et renfermant plusieurs édifices qui, sans être particulièrement originaux, n’en sont pas moins élégants et dignes d’attirer l’attention. Les églises, tant protestantes que catholiques, font assaut de luxe et d’ornementation. La cathédrale anglicane est d’un beau style. La cathédrale catholique ou église Saint-Jean est une construction de genre gothique qui intérieurement, avec ses deux tours écartées et massives, rappelle un peu l’église Saint-Sulpice de Paris. À l’intérieur, la vaste nef est moins remarquable par l’architecture,

  1. Recensement de 1881 : Français, 78,684 ; Anglais 16,407 ; Irlandais, 28,995 ; Écossais, 12,531.