Page:Réveillaud - Histoire du Canada et des canadiens français, de la découverte jusqu'à nos jours, 1884.djvu/60

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remonter plus haut dans le Saint-Laurent et y fixer l’emplacement des colons qu’il emmenait avec lui. « Je cherchai, dit Champlain, un lieu pour notre habitation ; mais je n’en pus trouver de plus commode, ni de mieux situé que la pointe de Québec, ainsi appelée des sauvages[1], et qui était remplie de noyers. » L’emplacement était en effet admirable, sur un promontoire élevé, formant une citadelle naturelle et abritant un port profond, au point le plus central de cette grande artère fluviale du Saint-Laurent, tel, en un mot, qu’on pouvait le souhaiter pour un village qui devait être l’embryon d’une capitale.

À peine débarqué, Champlain mit ses gens à l’ouvrage, fit abattre des arbres et construire des baraques pour lui et les siens, « et commença d’y faire défricher des terres, qui se trouvèrent bonnes. » — « Le pays est beau et plaisant, écrit Champlain, et apporte toutes sortes de grains et de graines à maturité, y ayant de toutes les espèces d’arbres que nous avons en nos forêts par deça, et quantité de fruits, bien qu’ils soient sauvages, pour n’être cultivés, comme noyers, cerisiers, pruniers, vignes, framboises, fraises, groseilles vertes et rouges. La pêche du poisson y est en abondance dans les rivières, et il y a quantité de prairies et du gibier qui est en nombre infini. »

Les contrées au centre desquelles se fixaient les Français étaient alors occupées par quatre principales tribus ou « nations » sauvages : les Algonquins et les

  1. Le mot de Kébec, en langue algonquine, désigne un détroit ou le rétrécissement du courant d’une rivière. On sait que Québec est bâtie sur un promontoire en un endroit où le Saint-Laurent se resserre entre ses rives.