Page:Réveillaud - Histoire du Canada et des canadiens français, de la découverte jusqu'à nos jours, 1884.djvu/93

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Québec est gardée dans la paix, comme une place importante dans l’ardeur de la guerre… Nos sauvages, qui ne sont pas de grands admirateurs de l’univers, s’étonnent, disent-ils, de voir tant de capitaines et tant d’enfants de capitaines[1]. »

D’autre part, tous les couvents de nonnes parlaient de se déverser sur le Canada. Carmélites, Ursulines, Visitandines, Hospitalières suppliaient « qu’on leur donnât part aux souffrances qu’avaient à endurer les missionnaires parmi les nations sauvages. » — « Il faut que vous sachiez, écrivait l’une de ces religieuses à un Père jésuite, que la Nouvelle-France commence d’entrer dans les esprits de plusieurs personnes… Hélas ! que diriez-vous, mon Révérend Père, si la divine Majesté disposait les affaires en sorte que nous eussions bientôt le courage et le moyen de vous aller trouver. » — « Il y en a tant qui nous écrivent, rapporte le P. Lejeune[2], et de tant de monastères et de divers ordres que vous diriez que c’est à qui se moquera la première des difficultés de la mer, des mutineries de l’Océan et de la barbarie de ces contrées. » Une jeune veuve de condition, Madame de la Peltrie, allait bientôt fonder le couvent des Ursulines. La duchesse d’Aiguillon, nièce du cardinal de Richelieu, envoyait des fonds pour la fondation d’un Hôtel-Dieu à Québec. Le commandeur de Sillery, ancien ambassadeur de France à Rome, établissait, à quelques milles de Québec, une bourgade qui prit son nom, pour les Indiens christianisés qui consentiraient à mener la vie sédentaire. Un

  1. Relation de 1636.
  2. Relation de 1635, p. 5.