Page:Rabelais marty-laveaux 04.djvu/167

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée



Mais par ma t’oy au refueiller Hz ont eu plus foef la mitiO Que deuant.

Comme nom commun il désigne un violent mal de gorge, une sorte d’angine, qui suffoque et empêche presque absolument de parler. L’auteur du Vergier d’honneur dit en parlant d’un homme parvenu à une extrême vieillesse :

… le Panthagruel le grate Si très fort dehors & dedans, Que parler ne peult…

On lit dans une sotie où il s’agit d’un personnage qui feint d’être muet :

… il a le lempas.
— Non vrayement, il ne l’a pas ;
Tu fcès bien qu’il n’ell pas cheual.
— Il a donc quelque aultre mal.
A-il point le Panthagruel ?
— On ne l’a iamais li cruel
Qu’il garde de parler aux gens.

(Ancien Théâtre françois, t. ir, p. 21,=) : Sottie nouvelle à fix perfonnaiges)

M. Picot a conclu de ce dialogue que le Pantagruel de Rabelais était depuis longtemps connu des spectateurs. « Ce motif, dit-il, nous autorise à placer la sottie nouvelle vers 1545. » {Étude sur la. sottie^ Romania^ année 1878, p. 307). On a pu se convaincre, par les deux premiers passages que nous avons cités, que Pantagruel est beaucoup plus ancien que Rabelais.

Comme nos anciens auteurs, Rabelais a tait plus d’une fois allusion à cette signification du nom de son héros : l’écolier limousin « difoit fouuent que Pantagruel le tenoit à la gorge » (t. i, p. 243) ; « aultres auons ou y fus l’inftant que Atropos leurs couppoit le fillet de vie, foy griefuement complaignans & lamentans de ce que Pantagruel les tenoit à la guorge. »