Page:Rabelais marty-laveaux 04.djvu/187

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PANTAGRUEL, T. I, p. 246-247- 170

OU inscrivait des écrits satiriques. La chardonnettc est la fleur d’artichaut, cinarœ p^ppij dont les gens scrupu- leux se servaient en carême pour remplacer la présure dans les tromages, afin d’en exclure toute matière ani- male, ainsi que cela est expliqué dans ce passage du De re cibaria de La Bruyère Champier, liv. xiv, c. 7 : « Coagulatur…lac succo ficulno quin et hodie cinara ; pappis… novitio sane invento… quandoquidem per ecclesiœ Romanœ décréta vesci caseo Christianis haud licebat verno jejunio, que scilicet coagulum quadru- pedum recepisset. » Le Duchat s’exprime ainsi à cette occasion : « Je m’imagine… que cette manière qu’en- feignoit Pafquin de manger hardiment dans Rome même des chevreaux à la chardonnettc, c’étoit la ma- nière d’y faire gras & bonne chère, pourvu feulement qu’on fauvàt les apparences. »

Page 247, 1. i : Vinuendon Jj.incle croix… pur les clercs de finejfe. Un mystère de Vinuendon Sainte- Croix tut joué à Saint-Serené, en 151 1. On y voyait des anges qui traversaient le théâtre en volant :

Tous volant bien & hault & bas Fors faind Michel qui cheut a bas.

(Annales & chroniques du pays & conte de Laual, par Guillaume Ledoyen, notaire à Laval, f" 46. V. Biblio- theque de l’École des Chartes, série C, t. m, p. 390)

Suivant les commentateurs, Rabelais, par « l’inven- tion famde croix, » entend l’art de trouver de rarg : ent, de la monnaie marquée, comme elle l’était alors, d’une croix ; cette expression paraît en effet avoir ce sens dans un passage, d’ailleurs assez obscur, de Du Fail, (t. I, p. 211). Il se peut aussi qu’il prenne tout simple- ment le mot invention dans le sens de supercherie, d’imposture, et qu’il fasse ici cause commune avec les rétormés qui contestaient l’authenticité de la Sainte Croix. — Par clercs de finesse, Rabelais entend des personnages bien différents des clercs sots et des