Page:Rabelais marty-laveaux 04.djvu/71

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GARGANTUA. T. I, P. 5-6. 63

mais Rabelais veut faire en même temps allusion à ces livres chargés de graisse par l’usage, comme le bréviaire de Gargantua « pefant tant en greffe que en fremoirs & parchemin, poy plus poy moins, vnze quintaulx fîx liures. » (t. I, p. 79)

L. dernière : Croie^-voiis… qiioncques Homère ^ efcri- iient L’Iliade & Odyjfee. penfajl es allégories le/quelles de hiy ont calfreté Plutarche. Heraclides Poniicq. Efcriuent doit se prononcer efcriuant. C’est un parti- cipe présent et non une troisième personne plurielle. Ces deux manières différentes de prononcer la finale ent n’ont rien qui puisse nous étonner, car elles sub- sistent encore aujourd’hui, mais dans d’autres circon- stances. Nous disons par exemple : le préfident, et : ils préfident. — La pensée exprimée par Rabelais se re- trouve dans Montaigne : « Eft-il pofUble qu’Homère aye voulu dire tout ce qu’on luy fait dire : & qu’il fe foit prefté à tant & fl diuerfes figures, que les théologiens, legillateurs, capitaines, philofophes, toute forte de gents, qui traittent fcience^,pour diuerfement & contrairement qu’ils les traittent, s’appuyent de luy, s’en rapportent à luy : Maiftre gênerai à touts offices, ouurages, & artifans : General Confeiller à toutes entreprifes } Quiconque a eu befoing d’oracles & de prediftions, en y a trouué pour fon faicl. Vn perfon- nagefçauant& de mes amis, c’eft merueille quels ren- contres & combien admirables il y faift naiftre, en faueur de noftre religion. » {Essais. \iy. 11, chap.xil. Col- lection Lemerre^ t. Il, p. 358)

Page 6, 1. 3 : C^ que d’iceulx Politian a defrohe’ ? Rabelais se fait ici l’écho de son ami Budé qui appelle Politien « Vir… quidem excellentis doctrins, sed animi non satis ingenui, » et l’accuse d’avoir tiré toute sa préface sur Homère d’une vie d’Homère en grec, qui n’était pas encore traduite et qu’on attri- buait à tort à Plutarque. (V. Annotationes Gidielmi Bu- dœi… in XXIIII Pandeclarum libros. Lugduni, S. Gry- phius, 1551, p. 547)