Page:Rabelais marty-laveaux 05.djvu/20

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de douze environ, deux nous sont connus : Artus Coultant et Pierre Amy. Le nom du premier figure, légèrement parodié, dans le Tiers Livre où Panurge lui attribue un récit des plus gaillards. Le second, Pierre Amy, probablement un peu plus âgé que Rabelais, fut son initiateur et son guide dans l’étude et l’amour de l’antiquité. Pierre Amy, épris d’hellénisme, avait puisé sa passion pour les lettres grecques dans les leçons et les conseils de Budé, le véritable fondateur de ces études en France. Il entretenait avec Budé une correspondance régulière, malheureusement perdue. Nous avons seulement deux lettres de Budé à Pierre Amy, et deux lettres du même à Rabelais.

La première lettre est une réponse à Pierre Amy, écrite d’Autun, où Budé, en qualité de maître des requêtes, avait accompagné François 1er. Elle est seulement datée du 14 août ; mais le séjour du roi à Autun en 1521, un an avant l’impression du recueil des lettres grecques de Budé, permet de suppléer la date qui nous fait défaut. Au reste cette lettre est toute en lieux communs assez fastidieux pour nous, qui aimerions mieux des faits ; mais qui avaient pour les contemporains leur charme et même leur utilité. Dans ces lettres grecques, qui étaient surtout des exercices et des modèles de style, Budé sacrifiait naturellement le principal à l’accessoire, et le fond à la forme. Il ne s’appliquait guère qu’à mériter les éloges des érudits, à exciter leur admiration. Dans celle-ci, selon la coutume, il déplore le malheur d’être éloigné des études par les occupations de sa charge à la cour ; il