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NOTICE BIOGRAPHIQUE SUR RABELAIS IX

se garde, bien toutefois de chercher à se dégager. « Je ressemble, dit-il, à celui qui, tenant le loup par les oreilles, ne peut se délivrer de cet esclavage. » Les der- nières lignes seules nous intéressent ici : « Saluez pour moi Rabelais, votre frère en religion et votre compagnon d’études. »

Un peu plus tard, probablement vers le mois d’octobre ou de novembre, Rabelais, s’étant perfectionné dans l’étude du grec, se hasarda, sur le conseil, ou plutôt l’in- jonction d’Amy, à écrire une longue lettre à Budé, avec l’espoir d’obtenir une réponse. La réponse ne vint pas. Rabelais, poussé encore sans doute par son compagnon, écrivit une seconde lettre, érudite et badine à la fois, pour réclamer vivement cette réponse espérée. Il mena- çait plaisamment d’intenter une action contre Pierre Amy, qui l’avait imprudemment engagé dans cette infructueuse démarche. Cette seconde lettre est datée du 4 mars (ip2) ; nous l’avons publiée d’après un autographe qui offre tous les caractères matériels et extérieurs d’authen- ticité. A la vérité, le style, obscur, embarrassé, froide- ment plaisant, contraste fort avec les vives et brillantes dédicaces latines écrites par Rabelais quelques années plus tard. Mais il faut mettre en compte la gêne qu’é- prouve un écrivain encore inexpérimenté, en s’adres- sant à un patron littéraire dont la réputation est dans tout son éclat. Une autre circonstance un peu suspecte, c’est que tous les faits allégués dans cette lettre de Ra- belais à Budé se trouvent indiqués dans la réponse au- thentique de Budé à Rabelais ; réponse de tout temps