Page:Rabier, Bringer, Caramel, histoire d'un singe, Boivin et Cie, 1927.djvu/40

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La brioche vint piquer tout droit contre un arbre .


Ah ! Caramel ne fut pas longtemps embarrassé !

C’était un esprit joliment industrieux, que M. Caramel.

Justement il venait d’apercevoir dans la rue, Cadet, le petit Cadet à Mame Michel, qui avait laissé sur le trottoir son arc et ses flèches, pour tracer le portrait du propriétaire sur le mur blanc de l’immeuble confié aux bons soins de sa maman.

Arriver en tapinois, se saisir de l’arc, y fixer une flèche et tirer dans la direction de la savoureuse brioche, ne fut qu’un jeu pour l’adroit Caramel.

Et un jeu où il gagna du premier coup, car la brioche, traversée de part en part et emportée par l’élan de la flèche, s’en vint se piquer tout droit contre un arbre où Caramel n’eut qu’à la cueillir et à la dévorer goulûment.

Caramel n’eut qu’à cueillir la brioche.

Oh ! la bonne brioche !

Certes, si elle était appétissante à voir, dorée comme un rayon de miel, combien plus délectable à croquer !

Jamais Caramel n’avait goûté à un mets aussi délicat !

Caramel dévore goulûment la brioche.

Certainement, cela valait beaucoup mieux que les noix de coco du désert.

Et Caramel croquait sa brioche sans que l’ombre d’un remords pour la vilaine action qu’il venait de commettre s’en vint troubler sa gourmandise et sa gloutonnerie.