Page:Rabier, Bringer, Caramel, histoire d'un singe, Boivin et Cie, 1927.djvu/41

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Seulement, dame ! si la brioche était plus savoureuse que les noix de coco du pays natal, celles-là avaient l’avantage sur celle-ci d’être beaucoup moins altérantes.

Il n’est rien qui altère, en effet, comme une brioche, surtout lorsqu’elle a été volée, et quand Caramel eut dévoré la sienne jusqu’à la dernière miette, il se sentit dévoré à son tour par une soif inextinguible.

Caramel fouille le placard.

Et c’est alors que Caramel, qui avait la mémoire de l’estomac, se souvint que dans le bas du placard de la cuisine il y avait de belles bouteilles avec des chapeaux d’or, que, lorsqu’on les débouchait, ces bouteilles faisaient plouf ! et que la boisson qui s’en échappait devait être exquise, à en croire la grimace de plaisir que faisait M. Picrate quand il en buvait.

Et sans plus hésiter, Caramel s’en vint voler une bouteille chapeautée d’or, qui faisait plouf !

Caramel prend une bouteille de champage.

Ah ! il savait la déboucher, Caramel, il l’avait vu faire à son maître, et quand Caramel avait vu faire une chose une seule fois, c’était un jeu pour lui de la refaire.

Il savait fort bien qu’il fallait retirer cette belle enveloppe d’or, pour trouver les ficelles qui retiennent les bouchons !

Pour couper ces ficelles, le bon M. Picrate se servait bien d’un instrument que Caramel n’avait pas sous la main, mais bah ! ses dents de singe y suffiraient !

Seulement, dame ! il n’allait pas déboucher sa bouteille dans l’appartement du bon M. Picrate, car le bruit pourrait le trahir ; non, il allait consommer son crime dans la cour.

Caramel ouvre la bouteille.


Mais, arrivé là, la vue de la marionnette du petit Cadet, dont il s’était déjà servi jadis, lui sug-