Page:Racan Tome I.djvu/230

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Aux appas mesme de la gloire,
Et que parmi ces vanitez,
Ces faveurs et ces dignitez
Où le soin des autres aspire,
Je ne demande à mon bonheur
Que d’avoir part à cet honneur

Sur qui le temps n’a plus d’empire.

Enflé de cette belle audace,
À peine sçavois-je marcher,
Que j’osay vous aller chercher
Au plus haut sommet de Parnasse ;
Apollon m’ouvrit ses trésors,
Et vous me jurâtes dés-lors
Par vos sciences immortelles
Que mes écrits verroient le jour,
Et tant qu’on parleroit d’amour
Vivroient en la bouche des belles.

Toutefois, après ces caresses
Que je veux partout publier,
Balzac vous a fait oublier
Mes services et vos promesses.
Luy seul dispose par ses mains
De cet honneur dont les humains
Après la mort esperent vivre ;
Et, quoi que vous m’ayez juré,
Je n’en serois point assuré,
Si je ne l’avois dans son livre.

Son éloquence est celle-mesme
Qui fait et défait les états,
Brave l’orgueil des potentats


de plaisirs, mais l’on pressent déjà par le ton général qu’après quelques pas de plus dans la vie, le poète s’écriera :

Thirsis, il faut songer à faire la retraite !