Page:Racan Tome I.djvu/229

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À quoy sert d’élever ces murs audacieux
Qui de nos vanitez font voir jusques aux cieux
—————Les folles entreprises ?
Maints chasteaux, accablez dessous leur propre fais,
Enterrent avec eux les noms et les devises
—————De ceux qui les ont faits.

Employons mieux le temps qui nous est limité ;
Quittons ce fol espoir par qui la vanité
—————Nous en fait tant accroire.
Qu’amour soit desormais la fin de nos desirs ;
Car pour eux seulement les Dieux ont fait la gloire,
—————Et pour nous les plaisirs.

Heureux qui, dépoüillé de toutes passions,
Aux loix de son païs régle ses actions
—————Exemptes d’artifice !
Et qui, libre du soin qui t’est trop familier,
Aimeroit mieux mourir dans les bras d’Artenice
—————Que devant Montpelier2 !


À M. DE BALZAC.
Ode.

Ingrates Filles de Memoire,
Je croy que vous n’ignorez pas
Que j’ay préferé vos appas


son Essai sur la pastorale, altéré les beaux vers : Heureux qui vit en paix du lait de ses brebis ; mais, puisque nous prenons Voltaire sur le fait, il doit nous être permis de rappeler le tort de l’un à l’occasion du tort de l’autre.

2. C’est là une sorte de préface des stances sur la retraite. Il est encore un peu question, dans cette pièce, d’amour et