Page:Racan Tome I.djvu/234

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Que ne sont les autres estoiles ;
Mais, si-tost que l’astre des cieux
Commence à paroistre à nos yeux
Et qu’il a les ombres chassées,
Nous voyons que de tous costez
Grandes et petites clarte

Sont également effacées.

De mesme, ceux à qui la France
A veu tenir les premiers rangs
Dans le siecle des ignorans
Devant luy perdent l’asseurance.
Ce grand soleil des beaux esprits
A tout seul remporté le prix ;
De luy seul la gloire est connuë,
Et tous ces petits escrivains
Qui faisoient n’agueres les vains
Disparoissent à sa venuë.

Il r’apprend à l’âge où nous sommes
L’art qui fit ces premieres loix
Par qui l’on rendit autrefois
Les hommes esclaves des hommes ;
Il produit ces inventions
Dont les seules impressions
Ont fait les vertus et les vices,
Ont fait les villes souslever
Et fait aux plus lasches trouver
En la mort mesme des delices.

C’est par là que, dans les tempestes
De tout un peuple mutiné,
On tient par l’oreille enchaisné
Ce cruel Typhon à cent testes ;
C’est par ses propos attirans
Qu’on voit arracher les tyrans
D’entre les bras de la fortune,
Ou qu’ils sçavent s’y maintenir,