Page:Racan Tome I.djvu/277

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À M. DARMILLY,
Gentilhomme de Touraine, sous le nom de Damer.
Sonnet.

Ne t’étonne, Damer, de voir la conscience1,
L’honneur qu’on doit aux loix, la foy ni la raison,
Non plus que des habits qui sont hors de saison,
N’estre point approuvés parmi la bien séance.

Ne t’étonne de voir mépriser la science,
L’impiété par tout épandre son poison,
Et l’État, dépité contre sa guerison,
Courir à sa ruine avec impatience.

Ne t’étonne de voir le vice revestu
Des mesmes ornements qui parent la vertu,
La richesse sans choix injustement éparse.

Si le monde fut pris des plus judicieux
Pour une comédie au temps de nos ayeux,
Peut-estre qu’à present l’on veut joüer la farce.


Celuy de qui la cendre est dessous cette pierre1
Avecque peu de bien acquit beaucoup d’honneur,


1. Dans le recueil de 1633 :

Ne t’étonne, Armilly.


1. Ce sonnet fut fait comme épitaphe du père de Racan.