Page:Racan Tome I.djvu/382

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suis ennuieux à mes amys, ce n’est pas de la longueur de mes complimens, mais je voy bien que c’est affin que je n’aye plus de prise sur vous. Vous m’attaquez par l’endroit mesme où je pensois vous prendre, et vous servez contre moy des mesmes armes dont je vous pensois combattre, en me donnant une gloire que vous possédez si entière que personne n’y peut espérer de part après vous. Ne vous estonnez donc point si je demeure muet ; vous m’avez pris ce que je voulois dire, et semble que vous m’avez desrobé mon imagination. J’en suis quitte à bon marché de n’avoir perdu que des paroles où je me devois perdre moy-mesme. En effet, je ne tiens pas que les beautez de Cloris et d’Arténice ayent des charmes plus dangereux pour moy que la gloire d’estre au souvenir de la femme du monde que j’estime le plus, et que je dirois encore que j’ayme le plus, si vostre vertu me le vouloit permettre.


À M. DE BALZAC.
Il lui envoye une ode qu’il avoit faitte à sa louange.
Lettre IV.

Monsieur,

Voicy, au bout de deux ans, ce que vous deviez recevoir dans quinze jours, et si je ne prétends pas estre obligé de vous faire des excuses