Page:Racan Tome I.djvu/401

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en cas que vous ne jugiez pas à propos de lui bailler toute cette galimafrée pour la conserver4.


À M. CHAPELAIN.
Lettre X.

L’illustre Brindamour, que M. Ménage a nommé assez plaisamment mon laquais poétique, disoit dernièrement, en sortant de Paris, qu’il avoit deux langages : l’un dont il se servoit dans l’Académie d’en bas, qu’il tient, avec ses camarades, dans la court de M. le chancelier ; et l’autre dont il entretient les paysans de Saint-Pater. Je le


4. « On voit, dit l’abbé Goujet, dans les lettres de Chapelain à Racan, que celui-ci confioit souvent la révision de ses ouvrages à Chapelain lui-même, à Ménage et à Conrart ; qu’il en recevoit des avis et qu’il s’y conformoit ordinairement ; qu’enfin il avoit mis plusieurs historiettes en vers burlesques et qu’on les trouvoit fort agréables. » Malgré notre prévention naturellement favorable d’éditeur, nous laisserons à Chapelain, Conrart et Ménage, toute la responsabilité de leur opinion sur ce dernier point.

Au reste, Racan touchoit volontiers à toutes les sources poétiques : « À l’exception de la tragédie, de la comédie et du poème épique, dit encore l’abbé Goujet, il s’est exercé avec succès dans tous les genres de poésie. » — « C’est le premier poète de France pour le satyrique », dit le Père Desmolets dans la continuation des Mémoires de Sallengre, manière de caractériser le génie de notre poète qui nous a toujours semblé au moins singulière. Enfin la réunion entière de ses ouvrages, comme les divers morceaux répandus ça et là et dont nous avons recueilli quelques-uns, témoignent assez de la grande variété de son talent pour la poésie.