Page:Racine - Abrégé de l’histoire de Port-Royal, éd. Gazier, 2e éd.djvu/104

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aucune espérance de secours de la part des hommes.

Dans ce même temps, il y avait à Paris un ecclésiastique de condition et de piété, nommé M. de la Potherie, qui, entre plusieurs saintes reliques qu’il avait recueillies avec grand soin, prétendait avoir une des épines de la couronne de Notre-Seigneur. Plusieurs couvents avaient eu une sainte curiosité de voir cette relique. Il l’avait prêtée, entre autres, aux carmélites du faubourg Saint-Jacques, qui l’avaient portée en procession dans leur maison. Les religieuses de Port-Royal, touchées de la même dévotion, avaient aussi demandé à la voir : et elle leur fut portée le 24e de mars [1656], qui se trouvait alors le vendredi de la troisième semaine de carême, jour auquel l’Église chante à l’introït de la messe ces paroles tirées du psaume 85e : Fac mecum signum in bonum, etc. Seigneur, faites éclater un prodige en ma faveur, afin que mes ennemis le voient et soient confondus. Qu’ils voient, mon Dieu, que vous m’avez secouru et que vous m’avez consolé !

Les religieuses, ayant donc reçu cette sainte épine, la posèrent au dedans de leur chœur sur une espèce de petit autel contre la grille ; et la communauté fut avertie de se trouver à une procession qu’on devait faire après vêpres en son honneur. Vêpres finies, on chanta les hymnes et les prières convenables à la sainte couronne d’épines et au mystère douloureux de