Page:Racine - Abrégé de l’histoire de Port-Royal, éd. Gazier, 2e éd.djvu/150

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arrêt dans son conseil d’État, pour faire exécuter les résolutions de la dernière Assemblée, et écrivit à tous les archevêques et évêques de France à ce qu’ils eussent à s’y conformer, avec ordre à chacun d’eux de lui rendre compte de sa soumission deux mois après qu’ils auraient reçu sa lettre. Mais les jésuites n’eurent rien plus à cœur que de lui faire ruiner la maison de Port-Royal. Il y avait longtemps qu’ils la lui représentaient comme le centre et la principale école de la nouvelle hérésie. On ne se donna pas même le temps de faire examiner la foi des religieuses. Le lieutenant civil et le procureur du roi eurent ordre de s’y transporter pour en chasser toutes les pensionnaires et les postulantes, avec défense d’en plus recevoir à l’avenir ; et un commissaire du Châtelet alla faire la même chose au monastère des Champs. L’abbesse, qui était alors la Mère Agnès, sœur de la Mère Angélique, reçut avec un profond respect les ordres du roi, et, sans faire la moindre plainte de ce qu’on les condamnait ainsi avant que de les entendre, demanda seulement au lieutenant civil si elle ne pourrait pas donner le voile à sept de ces postulantes, qui étaient déjà au noviciat, et que la communauté avait admises à la vêture. Il n’en fit point de difficulté ; et, sur la parole de ce magistrat, quatre de ces filles prirent l’habit le lendemain, qui était le jour de là Quasimodo, et les trois autres le prirent aussi le jour suivant, fête