Page:Radcliffe Chastenay - Les Mysteres d Udolphe T1.djvu/104

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de son récit, et sa douleur sincère, portèrent Saint-Aubert, à croire sa triste histoire. Valancourt, convaincu qu’elle étoit vraie, demanda sur-le-champ de quel prix étoit le troupeau. Quand il le sut, il fut tout déconcerté. Saint-Aubert donna quelque argent à la femme ; Emilie contribua de sa petite bourse, et ils marchèrent à l’endroit convenu. Valancourt restoit derrière, il parloit à la femme du berger, dont les larmes couloient alors, et de reconnoissance, et de surprise. Il lui demandoit combien il lui manquoit encore d’argent pour rétablir le troupeau dérobé. Il trouva que cette somme étoit à-peu-près la totalité de ce qu’il portoit avec lui. Il étoit incertain et affligé. Cette somme, se disoit-il, suffiroit au bonheur de cette pauvre famille, il est en mon pouvoir de la donner, de les rendre complètement heureux. Mais comment ferai-je, moi ? comment regagnerai-je ma demeure, avec le peu qui me restera ? Il hésita quelques momens. Il trouvoit une volupté singulière à sauver une famille de sa ruine. Il sentoit la difficulté de poursuivre sa route avec le peu d’argent qu’il garderoit.

Il étoit dans cette perplexité, quand le berger lui-même parut. Ses enfans furent à