Page:Radcliffe Chastenay - Les Mysteres d Udolphe T1.djvu/109

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à la voiture, et Saint-Aubert, trop fatigué pour en aller jouir lui-même, y envoyoit Emilie, et restoit à l’attendre.

Il étoit tard, quand ils descendirent les belles hauteurs qui bordent le Roussillon. Cette charmante province est enclavée dans leurs barrières majestueuses, et n’est ouverte que du côté de la mer. L’aspect de la culture embellissoit au fond le paysage, et la plaine se coloroit des plus riches nuances, et telles que le luxe du climat et l’industrie des habitans pouvoient par-tout les faire éclorre. Des bosquets d’orangers et de citronniers parfumoient l’air ; leurs fruits déjà mûrs, se balançaient dans le feuillage, et des coteaux en pente douce, étaloient les plus beaux raisins. Plus loin, des bois, des pâturages, des villes, des hameaux, la mer, dont la surface brillante laissoit flotter des voiles éparses ! un couchant étincelant de pourpre ! ce passage au milieu des montagnes qui le bordoient, formoit la parfaite union de l’aimable et du sublime : c’étoit la beauté dormant au sein de l’horreur.

Les voyageurs arrivés dans la plaine, avancèrent entre les haies de myrtes et de grenadiers en fleurs jusqu’à la petite ville d’Arles, où ils vouloient rester la nuit. Ils trouvèrent un asyle simple, mais propre ;