Page:Radcliffe Chastenay - Les Mysteres d Udolphe T1.djvu/111

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CHAPITRE VI.


Le lendemain matin, Valancourt déjeûna avec Saint-Aubert et Emilie, mais aucun d’eux ne paroissoit avoir dormi. Saint-Aubert porta l’empreinte de l’accablement et de la langueur ; Emilie trouvoit sa santé plus mauvaise, et ses inquiétudes s’augmentoient à chaque instant ; elle observoit tous ses regards avec une timide affection, et leur expression se retrouvoit bientôt fidèlement répétée dans les siens.

Au commencement de leur liaison, Valancourt avoit indiqué son nom et sa famille : Saint-Aubert connoissoit l’un et l’autre ; les biens de sa maison, qu’un frère aîné de Valancourt possédoit alors, n’étoient qu’à vingt milles de la Vallée, et Saint-Aubert avoit rencontré ce frère dans quelques maisons de son voisinage. Ce préliminaire avoit facilité son admission ; son maintien, ses manières, son extérieur, lui avoient gagné l’estime de Saint-Aubert, qui volontiers s’en fioit à son coup-d’œil ; mais il respectoit les convenances, et toutes les qualités qu’il roconnoissoit en lui, n’eussent pas paru des