Page:Radcliffe Chastenay - Les Mysteres d Udolphe T1.djvu/132

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à recevoir cette hospitalité villageoise ; il l’accepta à l’instant même avec autant de franchise qu’on en avoit mis à l’offrir.

La voiture chemina lentement ; Michel suivit les paysans par le sentier qu’Emilie avoit pris, et ils arrivèrent au hameau. La courtoisie de son hôte, la certitude d’un prompt repos, rendirent la force à Saint-Aubert ; il vit avec une douce complaisance ce joli tableau : les bois, rendus plus sombres par l’opposition, entouroient la place éclairée ; mais s’ouvrant par intervalles, une clarté blanche en faisoit ressortir une chaumière, ou se réflétoit dans un ruisseau. Il écouta sans peine les refrains joyeux de la guitare et du tambourin ; mais il ne put voir sans émotion la danse des paysans. Il n’en étoit pas de même pour Emilie : l’excès de sa frayeur s’étoit changée en une tristesse profonde, et les accens de la joie, en donnant lieu à de fâcheuses comparaisons, servoient encore à la redoubler.

La danse cessa à l’approche de la voiture ; c’étoit un phénomène dans ces bois isolés, et toute la troupe l’entoura avec une vive curiosité. Dès qu’on apprit qu’elle amenoit un étranger malade, plusieurs filles traversèrent la pelouse, et apportè-