Page:Radcliffe Chastenay - Les Mysteres d Udolphe T1.djvu/139

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d’autres mains. — Saint-Aubert qui étoit tombé dans la rêverie, en sortit à ces derniers mots : Mort ! s’écria-t-il, grand Dieu ! et quand est-il mort ?

— On nous a dit qu’il y avoit environ quatre semaines, répliqua Voisin : connoissiez-vous le marquis, monsieur ?

— Cela est bien extraordinaire, dit Saint-Aubert, sans s’arrêter à la question. — Pourquoi cela est-il si extraordinaire ? dit Emilie avec une curiosité timide. — Il ne répondit pas, et retomba dans sa méditation ; quelques momens après il parut en sortir, et demanda quel étoit son héritier. — J’ai oublié son nom, dit Voisin ; mais je sais que ce seigneur habite Paris, et je n’entends pas dire qu’il songe à venir dans son château.

— Le château est-il encore fermé ?

— À-peu-près, monsieur : la vieille femme de charge et son mari en ont soin ; mais ils vivent dans une chaumière qui n’en est pas éloignée.

— Le château est spacieux, dit Emilie ; il doit être désert s’il n’a que deux habitans.

— Désert ! oh oui, mademoiselle, répondit Voisin : Je ne voudrois pas y passer la nuit pour le monde entier.