Page:Radcliffe Chastenay - Les Mysteres d Udolphe T1.djvu/172

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vous voyez se réfléchir une lumière au-delà des bois, nous serons à la maison. Je ne comprends pas comment j’ai fait pour m’égarer ; c’est que je viens rarement ici après le coucher du soleil.

Ce lieu est assez solitaire, dit Emilie ; mais vous n’avez pas de voleurs ? Non, mademoiselle, point de voleurs.

Qui est-ce donc qui vous effraie, mon cher ami ? vous n’êtes pas superstitieux ? — Non, je ne suis pas superstitieux ; mais à vous parler vrai, mademoiselle, personne n’aime à se trouver le soir dans les environs de ce château. — Par qui est-il donc habité, dit Emilie, pour qu’on puisse le croire si formidable ? — Oh ! mademoiselle, c’est tout au plus s’il est habité : monsieur le marquis, notre seigneur, et celui de tous ces bois, est mort ; il y a bien des années qu’il n’y étoit venu, et ses domestiques se sont retirés dans une chaumière voisine. — Emilie comprit alors que ce château étoit celui dont avoit déjà parlé Voisin ; il avoit appartenu au marquis de Villeroy, dont la mort récente avoit tant affecté son père.

Ah ! dit Voisin, comme tout cela est désolé ! c’était une si belle maison, un si bel endroit, comme je m’en souviens !