Page:Radcliffe Chastenay - Les Mysteres d Udolphe T1.djvu/173

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— Emilie lui demanda pourquoi cet affreux changement ? — Le vieillard se taisoit. — Emilie réveillée par l’effroi qu’il montroit, occupée sur-tout de l’intérêt qu’avoit manifesté son père, répéta la question, et elle ajouta ensuite : Si ce ne sont pas les habitans qui vous effraient, et si vous n’êtes pas superstitieux, comment se fait-il donc, mon cher ami, que vous n’osiez, le soir, approcher de ce château ? — Eh bien donc, mademoiselle, peut-être suis-je un peu superstitieux ; et si vous en saviez la cause, vous pourriez bien le devenir aussi. Il est arrivé là de singulières choses ; monsieur votre bon père paroissoit avoir connu la marquise. — Dites-moi, je vous prie, ce qui est arrivé, lui dit Emilie, fort émue ?

— Hélas ! mademoiselle, répondit Voisin, ne m’en demandez pas davantage ; les secrets domestiques de mon maître doivent toujours être sacrés pour moi ! — Emilie surprise de ces derniers mots, et sur-tout de l’air qui les accompagnoit, ne se permit pas une question nouvelle. Un intérêt plus touchant, l’image de Saint-Aubert, occupoit ses pensées ; elle se rappela la musique de la nuit précédente, et elle en parla à Voisin. — Vous n’avez pas été la seule, lui