Page:Radcliffe Chastenay - Les Mysteres d Udolphe T1.djvu/174

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dit-il ; je l’ai entendue aussi, mais cela m’arrive si souvent à cette heure là, que c’est à peine si j’y prends garde.

— Vous croyez sans doute, dit vivement Emilie, que cette musique a des rapports avec le château, et voilà pourquoi vous êtes superstitieux ? — Cela peut être, mademoiselle ; mais il y a d’autres circonstances relatives à ce château, et dont je conserve tristement le souvenir. — Un profond soupir suivit ces paroles, et la délicatesse d’Emilie restreignit la curiosité que ces derniers mots avoient excitée en elle. En rentrant à la chaumière son désespoir recommença : il sembloit qu’elle n’en eût écarté le poids qu’en perdant de vue celui qui en étoit l’objet ; elle ouvrit aussi-tôt la chambre où reposoient encore les restes de son père, et céda à tous les transports d’une douleur sans espérance. Voisin, à la fin, la décida à s’éloigner ; elle retourna à sa propre chambre. Excédée des fatigues du jour, elle tomba aussi-tôt dans un profond sommeil, et se réveilla beaucoup mieux.

Quand le moment terrible fut arrivé, où les restes de Saint-Aubert dévoient être séparés d’elle pour toujours, elle alla seule les contempler encore une fois. Voisin attendoit au bas de l’escalier, et respectant