Page:Radcliffe Chastenay - Les Mysteres d Udolphe T1.djvu/211

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songeassent à la fuite des instans. Valancourt, à la fin, parut se recueillir. Il faut que je parte, dit-il tristement, mais c’est avec l’espérance de vous revoir, et celle d’offrir mes respects à votre famille : que votre bouche me confirme cet espoir. Mes parens se féliciteront toujours de connoître un ancien ami de mon père, dit Emilie. Valancourt lui baisa la main ; il restoit encore sans pouvoir s’éloigner. Emilie se taisoit ; ses yeux étoient baissés, et ceux de Valancourt demeuroient attachés sur elle. En ce moment des pas précipités se firent entendre derrière le platane. Emilie, tournant doucement la tête, apperçut tout-à-coup madame Chéron : elle rougit, un tremblement subit s’empara d’elle, elle se leva pourtant pour aller au-devant de sa tante. Bonjour, ma nièce, dit madame Chéron en jetant un regard de surprise et de curiosité sur Valancourt ; bonjour, ma nièce, comment vous portez-vous ? Mais la question n’est pas nécessaire, et votre figure indique assez que vous avez déjà pris votre parti sur votre perte.

— Ma figure, en ce cas, me fait injure, madame ; la perte que j’ai faite ne peut jamais se réparer.

— Bon ! bon ! je ne veux pas vous cha-