Page:Radcliffe Chastenay - Les Mysteres d Udolphe T1.djvu/27

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


pénible ; une impression de tristesse s’empara de lui, des soupirs lui échappèrent : Peut-être, se disoit-il, peut-être ce moment est-il pour moi le terme du bonheur comme il en est le comble ; mais ne l’abrégeons pas par des regrets anticipés ; espérons que je ne reviens pas à la vie pour avoir à pleurer moi-même les seuls êtres qui me la font chérir.

Pour sortir de ces pensées mélancoliques, ou peut-être pour s’y entretenir, il pria Emilie d’aller chercher son luth, et d’essayer quelques tendres accords. Comme elle approchoit de la pêcherie, elle fut surprise d’entendre les cordes de son instrument touchées par une main savante, et accompagnées d’un chant plaintif qui captiva son attention ; elle écouta dans un profond silence, craignant qu’un mouvement indiscret ne la privât d’un son, ou n’interrompît le musicien. Tout étoit calme dans le pavillon, et personne ne paroissoit, elle continua d’écouter ; mais enfin la surprise, et le plaisir firent place à la timidité ; la timidité s’augmenta, par le souvenir des lignes au crayon qu’elle avoit déjà vues, et elle hésita si elle ne se retireroit pas à l’instant.

Dans l’intervalle, la musique cessa. Emilie