Page:Radcliffe Chastenay - Les Mysteres d Udolphe T1.djvu/30

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


fut en vain, il fallut y renoncer. Le prix que madame Saint-Aubert mettoit à ce bracelet, venoit du portrait d’Emilie dont il étoit orné ; et ce portrait, fait depuis peu, étoit d’une ressemblance parfaite. Quand Emilie fut assurée de la perte, elle rougit, et devint pensive. Un étranger s’étoit introduit à la pêcherie dans leur absence : son luth et les vers qu’elle venoit de lire ne lui permettaient pas d’en douter. On pouvoit raisonnablement en conclure, que le poète, le musicien et le voleur, étoient la même personne. Mais quoique cette musique, ces vers et l’enlèvement du portrait formassent une combinaison remarquable, Emilie se sentit irrésistiblement détournée d’en faire mention ; elle, se promit seulement de ne plus visiter la pêcherie, sans la compagnie de monsieur ou de madame Saint-Aubert.

Ils revinrent au château un peu préoccupés ; Emilie songeoit à ce qui venoit d’arriver. Saint-Aubert se livroit à la plus douce reconnoissance, en contemplant les biens qu’il possédoit. Madame Saint-Aubert étoit troublée et tourmentée du portrait. En approchant de la maison, ils distinguèrent un bruit confus ; on entendoit des voix, des chevaux ; plusieurs valets traver-