Page:Radcliffe Chastenay - Les Mysteres d Udolphe T1.djvu/34

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dont les noces du duc de Joyeuse et de Marguerite de Lorraine, sœur de la reine, avoient été le sujet et l’occasion. Elle décrivit avec la même précision, et ce qu’elle avoit vu, et ce qu’il ne lui avoit pas été permis de voir. L’imagination vive d’Emilie accueilloit ces récits avec l’ardente curiosité de la jeunesse ; et madame Saint-Aubert, considérant sa famille, les larmes aux yeux, sentit que si l’éclat ajoute au bonheur, la vertu seule peut le faire éclore. — Saint-Aubert, dit Quesnel, il y a douze ans que j’ai acheté votre patrimoine. — À-peu-près, dit Saint-Aubert, en retenant un soupir. — Il y a bien cinq ans que je n’y suis allé, reprit Quesnel ; Paris, ses environs, sont l’unique lieu où l’on puisse vivre ; mais, d’ailleurs, je suis tellement répandu, tellement versé dans les affaires, j’en suis tellement accablé, que je n’ai pu, sans beaucoup de peines, m’esquiver pour un mois ou deux. Saint-Aubert ne répliquoit rien. — Quesnel poursuivit : Je me suis souvent étonné que vous, qui avez vécu dans la capitale, vous, accoutumé au grand monde, vous puissiez, exister ailleurs, surtout dans un pays comme celui-ci, où vous n’entendez parler de rien, où l’on sait à peine qu’on existe.