Page:Radcliffe Chastenay - Les Mysteres d Udolphe T1.djvu/35

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— Je vis pour ma famille et pour moi, dit Saint-Aubert ; je me contente aujourd’hui de connoître le bonheur, autrefois j’ai connu le monde.

— Je compte dépenser chez moi trente ou quarante mille livres en embellissemens, dit Quesnel, sans faire attention à la réponse de Saint-Aubert, j’ai le projet, pour l’été prochain, d’y faire venir mes amis. Le duc de Durfort, le marquis de Grammont, me donneront bien un mois ou deux. Saint-Aubert le questionna sur ses projets d’embellissement ; il s’agissoit d’abattre l’aile droite du château pour y bâtir des écuries ; je ferai ensuite, ajouta-t-il, une salle à manger, un salon, une grande salle commune, des logemens pour tous mes gens, car, à présent, je n’ai pas de quoi en placer le tiers.

— Tous ceux de mon père y logeoient, dit Saint-Aubert, qui regrettoit la vieille maison, et sa suite étoit assez considérable.

— Nos idées sont un peu agrandies, lui dit Quesnel ; ce qu’on trouvoit décent alors ne paroîtroit plus supportable. Le flegmatique Saint-Aubert rougit à ces derniers mots, mais le mépris prit bientôt la place de la colère. Le château est en-