Page:Radcliffe Chastenay - Les Mysteres d Udolphe T1.djvu/68

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encore quelques semaines ; mes chiens sont avec moi plutôt pour l’agrément que pour l’utilité ; ce costume d’ailleurs me sert de prétexte, et m’attire la considération qu’on refuseroit, sans doute, à un étranger sans occupation apparente.

J’admire vos goûts, dit Saint-Aubert, et si j’étois plus jeune, j’aimerois à passer quelques semaines comme vous le faites ; je suis comme vous un voyageur, mais notre objet n’est pas le même. Je cherche la santé encore plus que le plaisir. Saint-Aubert soupira et se tut un moment ; puis paroissant se recueillir, il ajouta : Je voudrois trouver une route passable qui me conduisît en Roussillon, pour gagner ensuite le Languedoc. Vous, monsieur, qui paroissez connoître le pays, il vous seroit possible de m’en indiquer une.

L’étranger l’assura que tous ses moyens étoient à son service, et lui parla d’un chemin plus à l’est, qui devoit conduire à une ville, et de-là facilement en Roussillon.

Ils arrivèrent au village, et commencèrent à chercher une chaumière qui pût leur offrir un gîte pour la nuit ; ils ne trouvoient dans la plupart des maisons que la pauvreté, l’ignorance et la gaîté ; on regardoit Saint-Aubert d’un air timide et